« On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l’on aime »

Maike

Après deux jours de vrai repos, ou j’ai enfin pu retrouver un quotat de sommeil presque décent, il me fallait à nouveau de l’aventure. (FOMO, besoin de bouger, continuer à apprendre et à me challenger ?)

Je me suis inscrite à une initiation de plongée, dans un clubs à 10m de notre bungalow, qui par hasard proposait des sorties dans LE plus beau spot du golf de la Thaïlande « the sail rock » (entre Koh Tao et Koh Phangan). J’ai une peur bleue des fonds marins, mon passé de paléontologue me dit qu’on pourrait y trouver de nombreuses bébêtes qui devoreraient sans aucune vergogne un membre qui flotterait dans l’eau. (Peut être ai-je aussi été influencée par mondes ludiques tels que les dents de la mer ou le kraken).

Mais j’ai toujours adoré le snorkeling depuis ma découverte de ce loisir aux Philippines. Il fallait donc que, bien encadrée, j’essaye un jour dans ma vie d’aller plus loin. Je me suis inscrite la veille du départ, sans trop y réfléchir, pour éviter de paniquer trop longtemps en amont.

Bien m’en a pris, car les premières minutes, à genoux sous l’eau sur une côte où j’avais pied et pourtant accompagnée de ma merveilleuse monitrice Maike, je me noyais déjà à moitié de panique de ne pas pouvoir respirer sous l’eau. Mon masque fuyait, j’avais la sensation que je n’allais jamais reussir à respirer dans ce truc. Mais bon, nous avons un planning à respecter, alors nous montons en speed boat, avec un nouveau masque qui nous l’espérons, ne fuiera pas.

Ce fut ma première expérience de mal de mer. Jamais je n’avais connu ça auparavant. L’angoisse de plonger au milieu de la mer avec un matos que je ne découvrais que depuis 1h, mélangé avec les brinquebalements du speed boat et les relents de mangue au riz gluant du petit dej… mal de tête, nausées puissantes, envie de tomber dans les pommes. Nous sommes arrivés au Sail Rock…

Beau tableau. Ça annonce la meilleure des journées. Et pour cette expérience, je remercie le FOMO de ne pas m’avoir fait abandonner. (Les encouragements de Maike ont aidé aussi, j’avoue).

Je me jette à l’eau. Je suis les cordages jusqu’au point de plongée, pas fière mais au moins sans mal de mer. La monitrice me montre un petit banc de poisson, je plonge ma tête sous l’eau et…

Ils m’avaient perdue. La peur était envolée. J’étais heureuse, épanouie, ébaubie une nouvelle fois des merveilles de ce monde. Les paliers de pressions se passent sans encombre, je descends mes 12m (profondeur max autorisée pour un debutant) dès ma première plongée. Et pendant 40 minutes, la main serrée dans celle de Maike, nous parcourons les rochers, entourées de centaines de poissons, d’oursins et surtout, mes animaux préférés, mes limaces de mer !! C’est petit, c’est fluffy, c’est plein de couleurs, c’est mignon. Avec leurs petites antennes, on dirait des lapins de mer. Et j’en ai enfin vu en vrai. Refaite, nous devons remonter au bout de 40 minutes.

Le lunch sur le bateau s’est résumé à 3 cuillerées de riz avec deux gorgées de coca, tout ce que j’ai pu avaler avant de transformer ma nausée en vomissement.

Fun fact : il arrive souvent à un plongeur de vomir sous l’eau. Ne retirez pas le detendeur (truc avec lequel vous respirez) de votre bouche, mais vomissez dedant, car nous avons le réflexe d’inspirer très fort après avoir vomi et ça évite de se noyer. Le cas échéant, nous avons toujours sur nous un detendeur de secours dans la poche. Autre fun fact en lien : quand on vomi sous l’eau, tous les petits poissons viennent vous voir pour manger les trucs qui flottent, ça peut être un bon moyen de les attirer…

Mais heureusement, cela ne m’est pas arrivé ! Une nouvelle fois dans l’eau, le mal de mer s’arrête instantanément et je peux repartir à mes explorations. J’arrive presque à nager seule, à regarder les couples de poisson nidifier (ne pas s’en approcher dans ces cas là, ils attaquent), je me plais à nager avec les barracudas (ça fait bien ses 1m50 ces bestioles), les poissons perroquets et tout un tas d’autres dont je ne connais pas le nom. Je joue avec les anémones, avec les petits vers de coreaux (mais si, je suis sure que vous connaissez, ces petits pompons multicolores qu’on voit dans la petite sirène qui disparaissent des que l’on s’en approche). Je me fais un nouvel ami, mon polochon à moi, qui m’a suivi pendant mes 52 nouvelles minutes de plongée, me frôlant régulièrement tellement il était proche. Je demande à aller plus bas – pas possible hélas, je suis déjà à 12m. Je demande à rester plus longtemps – pas possible hélas le bateau va repartir. Ça y est, j’y ai pris goût. Mordue de la plongée. Je décide dans la foulée d’aller passer mes niveaux de retour sur Vannes.

Le soir même, je paye deux bières à ma monitrice (une bière à chaque fois que je me trompais de signe sous l’eau) et en discutant elle me dit que mon souffle était « amazing » . « Not just great, amazing !!! ». Que pour la seconde plongée de ma vie, je remonte avec plus de réserve qu’elle dans ma bouteille. Je remercie donc Denchen Sholing, temple dans lequel j’ai appris la méditation il y a quelques années, de m’avoir appris à poser mon souffle, j’imagine que cela a dû aider. Ça et le fait que tout sous l’eau est apaisant. En tout cas, je suis parée et motivée pour recommencer. Hâte de découvrir les algues bretonnes depuis les fonds marins ^^

Merci Maike de cette merveilleuse découverte !!


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