Lisa citadinement restée à ses techniques de torture asiatique, me voici repartie pour de nouveaux horizons. Et quels horizons ! Rien de moins que, soyons objective : la plus belle île de Thaïlande.

Koh Kood, c’est la beauté fatale des plages de sable fin et de la jungle profonde préservée de manière assez miraculeuse des foules et des grands complexes hôteliers. Il fait beau, il fait bon. Loin des torpeurs étouffantes de ces derniers jours et des hordes en short de Bangkok et de Koh Tao, j’ai la sensation de retrouver ce que je suis venue chercher. Et j’y oublie même un peu de ma culpabilité de touriste occidentale à qui maudit-soit-le-capitalisme donne ici-bas un indécent pouvoir d’achat.

Bref : les plages !

Il est délicieusement simple de parcourir sur Koh Kood des paysages de carte postale sans croiser âme qui vive. Il suffit d’y poindre avec le soleil. Et même, la journée avançant, les plagistes se font rares.

Koh Kood est la 4e plus grande île du golfe de Thaïlande, après les touristiques Koh Samui, Koh Phangan et sa voisine, Koh Chang. Environ 25 km de long pour 12 de large, et les plages ne manquent pas. Etrangement, l’île n’attire pas suffisamment les foules pour remplir ses côtes. Et c’est tellement tant mieux.

L’arrière-pays commence à quelques mètres derrière le sable blanc : des cocoteraies s’étendent à perte de vue et sont parfaitement ignorées des touristes. Au petit matin, les rayons obliques du soleil allongent les ombres des arbres à l’infini.

Comme dans chaque lieu que nous avons visité, l’un des plus grands plaisirs consiste à simplement rouler en scooter. Là aussi, le casque est en option. Il est possible de traverser sur plusieurs kilomètres une jungle dense et foisonnante.

Sur la côte est de l’île, on atteint un petit village de pêcheur, aux couleurs et aux odeurs bariolées.

Tout semble lent ici. Mais je traverse pourtant un lieu grouillant d’activité, où, à l’ombre, on répare les filets rapportés du matin et où l’on s’active aux cuisines fumantes des restaurants, dans l’attente des quelques touristes qui auront eu le bon goût de traverser la jungle.

De nouveau sur mon fidèle destrier, je m’enfonce au petit matin sous la canopée, suivant la piste de terre rouge à la rencontre des grands arbres.

En Thaïlande, on croit qu’ils hébergent des esprits. Les locaux les habillent de couleurs chaudes et viennent leur faire offrandes de nourriture, d’amulettes et de petites statues.

Sur Koh Kood, on trouve trois cascades qui se gonflent à la saison des pluies. Je n’ai pas eu la chance de les voir sous leur forme la plus impressionnante, mais le détour en valait la peine : les énormes rochers qui jalonnent la rivière résonnent du bruissement des insectes et des cris des singes.

Les singes, d’ailleurs, ne manquent pas sur l’île. Et leur présence importante explique celle des très nombreux chiens qui peuplent les zones habitées : les thaïs en prennent soin en échange de leurs services pour maintenir les indésirables à distance. L’un d’eux m’a même accompagnée jusqu’à la cascade de Huang Nam Khiao, très excité qu’il était par la chasse qu’il donnait aux macaques fuyant de branche en branche.

Le jour se lève à nouveau et, cette fois, je l’ai un peu précédé. En bonne amoureuse des embarcations de tout calibre, me voici sur un kayak, au cœur de la mangrove. Les racines entremêlées des palétuviers se dressent dans la brume matinale et impressionnent mon petit canot dont l’orange vif tranche avec la douceur ambiante.

La mangrove débouche sur une large et calme rivière qui me mènera une fois accostée à l’une des cascades endormies. En quatre heures d’exploration, pas âme qui vivent.


Sur Koh Kood, j’ai aussi mangé le meilleur kebab de ma vie (poulet grillé, pain maison, légumes cuisinés à la thaïlandaise et sauce aux larmes du petit Jésus). J’ai aussi reçu un massage thaï duquel je suis ressortie comme si chaque articulation de mes jambes avait été consciencieusement huilée. J’ai aussi fait du paddle au coucher du soleil avec un bel italien.

… Je ne sais plus vraiment pourquoi je suis partie, mais, tristement, il faut croire que c’est arrivé.


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